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Glossaire

Freezing

Définition du freezing (blocage moteur) dans la maladie de Parkinson

Le freezing, ou blocage moteur, désigne un symptôme moteur caractéristique de la maladie de Parkinson et d’autres syndromes parkinsoniens. Il se définit comme une absence brève et épisodique de progression des pieds, ou une réduction marquée de cette progression, malgré l’intention de marcher. La personne a l’impression que ses pieds restent collés au sol, alors même qu’elle cherche activement à avancer. Cet épisode dure le plus souvent quelques secondes, mais peut occasionnellement se prolonger au-delà de trente secondes.

Le freezing ne doit pas être confondu avec une lenteur générale de la marche (bradykinésie) : il s’agit d’un arrêt soudain et involontaire, qui survient typiquement lors de situations précises telles que le démarrage de la marche, le franchissement d’un passage étroit (une porte, par exemple), un demi-tour, ou l’approche d’une destination comme un fauteuil.

Prévalence et facteurs de risque

Le freezing touche environ 20 à 27 % des personnes dans les phases précoces de la maladie de Parkinson, une proportion qui augmente fortement avec l’évolution de la pathologie, jusqu’à concerner près de 80 % des patients aux stades avancés. Un phénotype particulier de la maladie, marqué par des troubles posturaux et de l’instabilité de la marche, ainsi qu’une réduction de la captation du transporteur de dopamine au niveau du striatum, ont été identifiés comme des facteurs de risque associés à l’apparition du freezing.

Mécanismes évoqués : des hypothèses encore débattues

La physiopathologie du freezing reste, à ce jour, incomplètement comprise. Plusieurs hypothèses sont explorées dans la littérature scientifique, impliquant notamment les circuits reliant les ganglions de la base, l’aire motrice supplémentaire et le cortex préfrontal, ainsi que des perturbations dans la génération du patron de marche au niveau spinal et supraspinal. Une des pistes proposées décrit le freezing comme résultant d’une défaillance combinée des processus moteurs automatisés et des processus cognitifs de contrôle exécutif censés compenser cette défaillance.

Il est important de souligner qu’aucun de ces mécanismes n’est aujourd’hui établi de façon consensuelle : la nature épisodique et hétérogène du freezing rend sa mesure et sa compréhension complexes, au point qu’un consortium international d’experts a récemment travaillé à harmoniser sa définition clinique.

Conséquences : chutes et qualité de vie

Le freezing constitue l’un des symptômes moteurs les plus invalidants de la maladie de Parkinson. Il expose à un risque accru de chutes, réduit l’autonomie de déplacement et peut favoriser un isolement social lié à l’appréhension de nouveaux épisodes. La réponse aux traitements dopaminergiques est variable : certains épisodes de freezing, en particulier ceux dits résistants à la lévodopa, ne sont que partiellement soulagés par les traitements médicamenteux, ce qui a orienté la recherche vers des approches non pharmacologiques complémentaires.

La stimulation rythmique externe comme stratégie de compensation

Parmi les approches non pharmacologiques étudiées, le recours à des indices externes rythmiques (cueing), visuels, auditifs ou tactiles, occupe une place importante dans la littérature. La stimulation rythmique auditive théorisée par Michel Thaut, en particulier, consiste à fournir à la personne un signal sonore régulier, par exemple un métronome ou une trame musicale, sur lequel elle est invitée à caler ses pas. Plusieurs travaux rapportent une amélioration de paramètres de marche tels que la vitesse ou la longueur du pas sous stimulation rythmique auditive, ainsi qu’une réduction du nombre d’épisodes de freezing dans certaines conditions expérimentales, notamment lors des phases où le traitement dopaminergique est actif.

La réponse à ces stratégies de cueing reste toutefois très variable d’une personne à l’autre : certains patients n’y répondent pas, et une aggravation transitoire de la marche a même été rapportée dans de rares cas. Les mécanismes neurophysiologiques sous-jacents à cet effet du rythme externe font l’objet de recherches en cours, notamment autour du renforcement de la connectivité entre les régions auditives et les régions motrices du cerveau.

Repères pour l’entourage et les professionnels

Reconnaître le freezing comme un symptôme spécifique, distinct d’une lenteur générale de la marche, permet d’orienter plus rapidement une personne concernée vers un avis médical et vers les stratégies de compensation adaptées à sa situation. Repérer les situations qui déclenchent le plus souvent ces épisodes, telles que le franchissement d’un passage étroit ou un changement de direction, aide également l’entourage à anticiper les moments à risque de chute.

La prise en charge du freezing reste, dans tous les cas, du ressort d’une équipe médicale et paramédicale formée à la maladie de Parkinson, seule habilitée à évaluer la pertinence d’une stratégie de cueing pour une personne donnée et à en assurer le suivi.

Pour aller plus loin :

Ehgoetz Martens, K. A., Hall, J. M., Georgiades, M. J., Gilat, M., Walton, C. C., Matar, E., Lewis, S. J. G., & Shine, J. M. (2018). The functional network signature of heterogeneity in freezing of gait. Brain, 141(4), 1145–1160. https://doi.org/10.1093/brain/awy019

Giladi, N., & Nieuwboer, A. (2008). Understanding and treating freezing of gait in parkinsonism, proposed working definition, and setting the stage. Movement Disorders, 23(S2), S423–S425. https://doi.org/10.1002/mds.21927

Nonnekes, J., Snijders, A. H., Nutt, J. G., Deuschl, G., Giladi, N., & Bloem, B. R. (2015). Freezing of gait: A practical approach to management. The Lancet Neurology, 14(7), 768–778. https://doi.org/10.1016/S1474-4422(15)00041-1

Spildooren, J., Vercruysse, S., Heremans, E., Galna, B., & Nieuwboer, A. (2020). Freezing of gait in Parkinson’s disease: Where are we now? Current Neurology and Neuroscience Reports, 20(3), 6. https://doi.org/10.1007/s11910-020-1018-9

Thaut, M. H., McIntosh, G. C., & Rice, R. R. (1997). Rhythmic facilitation of gait training in hemiparetic stroke rehabilitation. Journal of the Neurological Sciences, 151(2), 207–212. https://doi.org/10.1016/S0022-510X(97)00146-9

Zhang, J., Jiang, X., Zhu, S., & Xu, Y. (2020). Freezing of gait in Parkinson’s disease: Pathophysiology, risk factors and treatments. Translational Neurodegeneration, 9, 12. https://doi.org/10.1186/s40035-020-00191-5

 

FAQ sur le freezing

Le freezing est-il le même phénomène chez toutes les personnes atteintes de Parkinson ?
Non. Sa fréquence, son intensité et les situations qui le déclenchent varient fortement d’une personne à l’autre, et son intensité augmente généralement avec l’évolution de la maladie.
Les traitements médicamenteux suffisent-ils à traiter le freezing ?
Pas toujours. Certains épisodes, dits résistants à la lévodopa, ne répondent que partiellement aux traitements dopaminergiques, ce qui justifie le recours à des stratégies complémentaires comme le cueing rythmique.
Qu'est-ce qu'un indice de « cueing » ?
Il s’agit d’un signal externe, visuel, auditif ou tactile, fourni de façon régulière pour aider la personne à initier ou poursuivre son pas lors d’un épisode de blocage.
Brain Ball traite-t-il le freezing ?

Non. Brain Ball® n’est pas un dispositif de soin et n’a pas été évalué sur ce symptôme. Le seul point commun réside dans le principe d’un rythme externe guidant le geste.

Nuage de mots-clés sur le freezing dans la maladie de Parkinson : blocage moteur, stimulation rythmique, marche, cueing, striatum
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