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Prévention des chutes

Le guide complet pour réduire le risque de chute

(selon Ministère de la Santé, 2023)

La chute n’est pas une fatalité liée à l’âge. Si le risque augmente avec les années, il dépend en réalité de nombreux facteurs modifiables : condition physique, équilibre, force musculaire, vision, audition, prise de médicaments, alimentation et environnement de vie.

En France, les chutes représentent la première cause d’accidents de la vie courante chez les personnes de 65 ans et plus : elles sont à l’origine de 85 % des recours aux urgences pour accident domestique dans cette tranche d’âge, et de plus de 9 000 décès par an. Selon les données de la Haute Autorité de Santé (HAS, 2024), environ une personne sur sept âgée de 55 à 85 ans déclare avoir subi au moins une chute ayant nécessité une consultation médicale au cours des douze derniers mois. Parmi elles, une sur deux a chuté plusieurs fois dans l’année.

Au-delà des blessures, une chute peut entraîner une perte de confiance, une réduction des déplacements, un isolement progressif et une perte d’autonomie. La bonne nouvelle est que la plupart des facteurs de risque peuvent être identifiés et travaillés. La prévention des chutes repose aujourd’hui sur une approche globale associant activité physique adaptée, entretien des capacités sensorielles, sécurisation de l’environnement et suivi médical personnalisé.

Ce guide passe en revue les principaux facteurs de risque et les solutions reconnues par les recommandations de la HAS (mars 2024), du Plan national antichute 2022-2024 et des lignes directrices mondiales de l’OMS (2022).

Pourquoi les chutes représentent-elles un enjeu majeur de santé publique ?

Les chutes constituent le premier accident de la vie courante chez les personnes âgées. Selon les données de surveillance épidémiologique françaises, 85 % des passages aux urgences pour accident domestique chez les 65 ans et plus sont dus à une chute — proportion qui atteint 93 % après 85 ans. Environ 70 % de ces chutes surviennent à domicile.

Les conséquences physiques sont multiples : fractures (37 % des cas), plaies et contusions (20 à 25 %), hospitalisations prolongées (durée médiane de 9 jours). La fracture de l’extrémité supérieure du fémur (FESF) constitue la complication la plus redoutée : en France, plus de 76 000 cas sont recensés chaque année chez les personnes de 65 ans et plus, et 9 fois sur 10 elle fait suite à une chute. Près d’un quart des personnes atteintes décèdent dans l’année qui suit.

Au-delà du bilan physique, la chute a un impact psychologique souvent sous-estimé. Elle peut provoquer une peur de tomber qui conduit la personne à restreindre ses déplacements, ses activités et ses interactions sociales — alimentant un cercle vicieux d’inactivité et de fragilisation progressive.

Enfin, la chute est un marqueur de fragilité et un facteur prédictif d’entrée en dépendance ou en institution. C’est pourquoi le Plan national antichute 2022-2024 a fixé un objectif de réduction de 20 % des chutes mortelles ou invalidantes chez les personnes de 65 ans et plus.

 

Une première chute ne doit jamais être banalisée

Le meilleur prédicteur d’une future chute est souvent une chute antérieure. Selon la HAS (2024), le risque de rechute dans l’année suivant une chute ayant nécessité une consultation médicale est de 70 %. Toute chute mérite donc une analyse de ses causes afin de mettre en place des mesures de prévention adaptées au niveau de risque individuel.

Ateliers Brain Ball© dans le cadre de programmes de Prévention des chutes.

© Sandrine PELLET

Pourquoi tombe-t-on ?

Contrairement aux idées reçues, les chutes sont rarement dues à une seule cause. Elles résultent le plus souvent de l’association de plusieurs facteurs — internes à la personne et liés à son environnement. La HAS (2024) et les lignes directrices mondiales OMS (2022) distinguent les facteurs intrinsèques (liés à l’état de santé) des facteurs extrinsèques (environnement, médicaments).

La diminution de la force musculaire

Avec l’âge, la masse et la puissance musculaires diminuent progressivement : c’est la sarcopénie. Cette perte concerne en priorité les muscles des membres inférieurs — quadriceps, fessiers, mollets — qui jouent un rôle central dans la stabilisation posturale, la marche et le rattrapage d’un déséquilibre. Une personne dont la force musculaire est insuffisante aura plus de mal à se relever d’une chaise, à monter une marche ou à récupérer son équilibre après un faux pas.

Les troubles de l’équilibre

L’équilibre repose sur l’intégration permanente de trois systèmes sensoriels : la vision, le système vestibulaire (oreille interne) et la proprioception (capteurs musculaires, articulaires et plantaires). Avec l’âge, chacun de ces systèmes s’altère à des degrés variables. L’équilibre statique (maintien d’une position) et l’équilibre dynamique (équilibre en mouvement) peuvent être évalués simplement par le test de l’appui unipodal ou le Timed Up and Go (TUG) : un TUG supérieur à 15 secondes est un signal d’alerte reconnu par la HAS.

Les troubles de la marche

La marche des personnes âgées se modifie progressivement : raccourcissement du pas, ralentissement de la cadence, élargissement de la base de sustentation, augmentation du temps de double appui. Une vitesse de marche inférieure à 0,8 m/s, soit plus de 5 secondes pour parcourir 4 mètres, est considérée comme un indicateur de risque par la HAS. Ces modifications réduisent la capacité à franchir un obstacle ou à réagir à un changement de sol.

Les troubles visuels

La vision joue un rôle majeur dans le contrôle postural. La baisse d’acuité visuelle, la réduction du champ visuel, la moindre sensibilité aux contrastes et les difficultés d’adaptation à la lumière augmentent le risque de trébucher sur un obstacle ou de mal évaluer une marche. La HAS recommande une consultation ophtalmologique régulière — en particulier pour dépister une cataracte ou un glaucome, deux pathologies fréquentes et accessibles au traitement.

Les troubles auditifs et vestibulaires

Le système vestibulaire, situé dans l’oreille interne, est responsable de la détection des rotations et des accélérations de la tête, de la stabilisation du regard et du maintien de la posture verticale. Un syndrome vestibulaire ou une presbyacousie non corrigée peut perturber l’équilibre, altérer la perception de l’environnement sonore et réduire la capacité à anticiper les obstacles. La HAS intègre l’évaluation du vestibule et de l’audition dans le bilan des personnes à haut risque de chute.

Les effets secondaires de certains médicaments

Plusieurs classes médicamenteuses augmentent le risque de chute : somnifères (benzodiazépines), anxiolytiques, antidépresseurs, antihypertenseurs, médicaments induisant une hypotension orthostatique. La polymédication — définie par la prise de cinq médicaments ou plus — multiplie ces risques. La HAS recommande une révision régulière des ordonnances par le médecin traitant, avec réduction progressive des médicaments inducteurs de chute.

Les maladies chroniques

Certaines pathologies augmentent directement le risque de chute : maladie de Parkinson (troubles de la marche, festination), séquelles d’AVC (déficit moteur, troubles de l’équilibre), neuropathies périphériques (perte de sensibilité plantaire), arthrose (douleur et limitation des amplitudes), diabète déséquilibré (neuropathie, hypoglycémie). Leur prise en charge contribue à réduire le risque.

L’hypotension orthostatique

L’hypotension orthostatique est une chute de la pression artérielle lors du passage de la position couchée ou assise à la position debout. Elle provoque des vertiges ou une sensation de tête vide dans les premières secondes après le lever, pouvant entraîner une perte d’équilibre ou une syncope. Elle est favorisée par certains médicaments, la déshydratation et certaines pathologies cardiovasculaires. Se lever lentement, en s’appuyant, réduit ce risque.

La dénutrition et la sarcopénie

Un apport insuffisant en protéines et en énergie accélère la perte de masse musculaire et fragilise les os. La dénutrition est un facteur de fragilité reconnu, associé à un risque accru de chute et de fracture. La HAS intègre l’évaluation nutritionnelle dans le bilan des personnes à haut risque, et recommande une alimentation équilibrée pour préserver la santé musculaire et osseuse — ainsi qu’une supplémentation en vitamine D à discuter avec le médecin traitant.

La peur de tomber

La peur de tomber est à la fois une conséquence et un facteur de risque de chute. Elle est présente chez 19,5 % des personnes ayant chuté dans l’année précédente. Elle conduit souvent à une réduction volontaire des activités physiques et sociales, ce qui aggrave le déconditionnement musculaire et l’isolement. Ce cercle vicieux (chute → peur → inactivité → perte musculaire → nouvelle chute) est reconnu par la HAS comme un levier d’intervention spécifique. Elle figure d’ailleurs parmi les trois questions de repérage systématique recommandées en consultation : « Avez-vous peur de tomber ? »

Les 5 piliers d’une prévention efficace des chutes

La HAS (2024) distingue trois niveaux d’intervention selon le risque évalué : unifactorielle (risque faible), à composantes multiples (risque intermédiaire) et multifactorielle (haut risque). Dans tous les cas, l’activité physique adaptée et l’éducation du patient constituent le socle commun.

1

Bouger régulièrement

L’activité physique régulière est l’intervention dont l’efficacité est la mieux documentée pour prévenir les chutes. Les recommandations OMS (2022), reprises par la HAS, préconisent au moins 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine, avec des exercices combinant équilibre, force et coordination au moins 3 fois par semaine.

2

Renforcer ses muscles

Le renforcement des membres inférieurs — quadriceps, fessiers, mollets — est indispensable pour se lever, monter des marches et rattraper un déséquilibre. Il doit être combiné à des exercices d’équilibre pour agir efficacement sur le risque de chute.

3

Travailler l’équilibre et l’adaptation

La HAS recommande des exercices progressifs intégrant coordination, réactivité et double tâche. C’est précisément dans cet espace que Brain Ball® trouve sa place.

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Préserver ses capacités sensorielles

Vision, audition et système vestibulaire participent directement à l’équilibre. Consulter régulièrement ophtalmologiste, médecin ORL et podologue, et porter des chaussures adaptées sont des actes de prévention reconnus par la HAS.

5

Sécuriser son environnement

70 % des chutes surviennent à domicile. Supprimer les tapis, améliorer l’éclairage, installer des barres d’appui. Pour les personnes à risque élevé, une évaluation du domicile par un ergothérapeute est recommandée par la HAS.

Quelles capacités faut-il entraîner pour prévenir les chutes ?

La HAS (2024) précise que le programme d’activité physique adaptée destiné aux personnes à risque de chute doit intégrer plusieurs types d’exercices complémentaires. Voici les grandes capacités ciblées, avec leur justification.

Proprioception et appuis

La proprioception est la capacité du corps à percevoir en permanence la position de ses segments et la qualité de ses appuis au sol, sans avoir besoin de regarder ses pieds. Ce système repose sur des capteurs situés dans les muscles, les tendons et les articulations, qui envoient en continu des informations au cerveau. Avec l’âge, ces capteurs deviennent moins réactifs, ce qui réduit la précision des ajustements posturaux automatiques.

Objectif : mieux sentir ses appuis, son axe, ses transferts de poids et son polygone de sustentation pour stabiliser la posture et la marche, et mieux réagir en cas de perte d’équilibre.

Exemples d’exercices (progressifs)

  • Auto-massage des plantes de pieds (balle/rouleau), prise de conscience debout (transfert avant/arrière puis droite/gauche sans décoller les pieds).
  • Appui unipodal tenu (yeux ouverts → fermés), puis échanges de ballon en appui.
  • Parcours simple : cerceaux, corde au sol, « pierres de rivière » (stabiliser chaque appui avant d’avancer).
  • En séance Brain Ball® : rebond de la balle au sol en appui unipodal, en synchronisation avec le métronome, le maintien du rythme impose une stabilisation active de l’appui à chaque frappe.

Ce que ça change au quotidien
Se déplacer dans un espace encombré, encaisser une petite bousculade, prendre un escalier ou un trottoir avec plus d’aisance.

Extéroception

L’extéroception désigne la capacité à percevoir les informations provenant de l’environnement extérieur via la peau — en particulier la plante des pieds. La texture, la dureté ou le relief du sol envoient des signaux qui permettent d’ajuster l’appui en temps réel. Avec l’âge, le capiton plantaire s’épaissit et la sensibilité cutanée diminue, ce qui ralentit ces ajustements et augmente le risque de glissade ou de trébuchement sur un sol inattendu.

Objectif : s’adapter rapidement à un changement de sol (sec/mouillé, dur/mou, dénivelé), anticiper les irrégularités et réduire le risque de glissade.

Exemples d’exercices

  • Parcours de surfaces variées (carrelage, moquette, herbe, gravier) en portant attention aux sensations plantaires à chaque pas.
  • Identification de textures les yeux fermés avec les pieds, puis déplacement sur ces surfaces.
  • Marche pieds nus sur différents supports sécurisés pour stimuler la sensibilité plantaire.

Ce que ça change au quotidien
Traverser un parking mouillé, marcher sur un trottoir irrégulier, passer d’un parquet à un carrelage sans perdre l’équilibre.

Oreille interne et orientation

Le système vestibulaire, logé dans l’oreille interne, détecte les rotations et les accélérations de la tête. Il stabilise le regard lors des mouvements (réflexe vestibulo-oculaire) et contribue au maintien de la posture verticale. Lorsque ce système est moins efficace, les changements de position de la tête — se retourner, regarder en l’air, se baisser — peuvent provoquer des vertiges ou une instabilité momentanée, favorisant les chutes.

Objectif : mieux tolérer les rotations, les accélérations et les changements de direction, stabiliser le regard lors des mouvements de tête.

Exemples d’exercices

  • Levers/assis répétés avec variations de vitesse, suivi de déplacements autour d’un repère au sol.
  • Demi-tours et tours complets au signal, en maintenant le regard fixé sur un point.
  • Marche sur ligne ou corde avec rotations progressives de la tête (droite/gauche, haut/bas).
  • En séance Brain Ball® : exercices de passes en déplacement avec changements de direction au signal rythmique — la tête doit s’orienter vers le partenaire tout en maintenant l’équilibre et la synchronisation.

Ce que ça change au quotidien
Se retourner pour répondre à quelqu’un, regarder derrière soi en reculant, se baisser pour ramasser un objet sans ressentir de vertige.

Champ visuel et coordination visuo-motrice

La vision contribue à environ 70 % du contrôle postural en situation normale. Elle apporte des informations sur la verticalité, la vitesse de déplacement et la position des obstacles. Avec l’âge, le champ visuel se réduit, l’adaptation à la lumière ralentit et la perception des contrastes diminue. Ces modifications rendent plus difficile la détection d’un obstacle périphérique ou l’anticipation d’un changement de sol.

Objectif : élargir la perception périphérique, stabiliser la vision en mouvement, gérer simultanément déplacement et repères visuels (obstacles, flux de passants, marches).

Exemples d’exercices

  • Cibler des repères de couleurs différentes en marchant, sans tourner la tête.
  • Capter des passes latérales sans regarder directement l’objet (vision périphérique).
  • Varier les distances et hauteurs des cibles ou des lancers pour solliciter l’adaptation visuelle.
  • En séance Brain Ball® : le suivi visuel de la balle en rebond — trajectoire, hauteur, vitesse — entraîne en continu la coordination œil-main et la perception de l’espace proche, deux capacités directement impliquées dans l’anticipation des obstacles.

Ce que ça change au quotidien
Anticiper un obstacle sur le côté, descendre des marches sans regarder ses pieds, traverser une rue animée avec plus de sécurité.

Vitesse de réaction

La vitesse de réaction est le temps qui s’écoule entre la perception d’un événement imprévu — un obstacle, un sol qui glisse, quelqu’un qui bouscule — et la réponse motrice adaptée. Avec l’âge, la conduction nerveuse ralentit et les temps de réaction s’allongent. Or, rattraper un déséquilibre exige une réponse rapide et précise : quelques dixièmes de seconde peuvent faire la différence entre une récupération et une chute.

Objectif : décider vite et juste face à l’imprévu — pas en avant, en arrière ou sur le côté au signal, réorganisation rapide du mouvement.

Exemples d’exercices

  • Réponses à des consignes sonores ou visuelles variées : pas avant/arrière/gauche/droite selon le signal.
  • Circuits de passes en étoile avec changements de rôle et consignes surprises.
  • Alternance de consignes rythmiques et de pauses imprévues pour forcer la réorganisation motrice.
  • En séance Brain Ball® : la trajectoire de la balle en rebond n’est jamais parfaitement identique — hauteur, direction et vitesse varient à chaque frappe. Le participant doit en permanence ajuster la position de ses bras, de son poignet et de son axe corporel pour intercepter ou relancer au bon moment. Cet ajustement segmentaire rapide et continu, combiné à la contrainte rythmique du métronome, constitue un entraînement naturel de la réactivité motrice.

Ce que ça change au quotidien
Éviter un obstacle surgissant de côté, rattraper un objet qui tombe, réagir à un sol glissant avant de perdre l’équilibre.

Mobilisation articulaire

La mobilité articulaire désigne l’amplitude de mouvement disponible dans chaque articulation. Chevilles, genoux, hanches et orteils jouent un rôle direct dans la marche, l’enjambement des obstacles et le rattrapage d’un déséquilibre. Avec l’âge, la raideur articulaire s’installe progressivement, réduisant ces amplitudes et rendant certains gestes du quotidien plus contraignants ou douloureux.

Objectif : conserver des amplitudes suffisantes pour les gestes de la vie quotidienne — se baisser, s’habiller, franchir une marche, enjamber un obstacle — et maintenir la qualité du pas.

Exemples d’exercices

  • Mobilisation douce des chevilles, hanches, genoux et orteils à vide, en position assise puis debout.
  • Mouvements lents et contrôlés en charge légère (marche, petits déplacements).
  • Exercices d’assouplissement progressif, toujours sans douleur.
  • En séance Brain Ball® : les exercices de balancier des bras avec anneaux mobilisent les épaules et les coudes dans toute leur amplitude de mouvement. Les exercices de passage d’engins dans le dos — balle ou sac de jonglage transmis d’une main à l’autre en passant derrière le dos — exigent que les deux mains se rejoignent au milieu du dos, sollicitant la mobilité des épaules, des coudes et du rachis dans des amplitudes rarement travaillées au quotidien.

Ce que ça change au quotidien
Monter et descendre les escaliers avec plus d’aisance, attraper un objet derrière soi, s’habiller seul (notamment pour accrocher un vêtement dans le dos).

Renforcement musculaire

La force musculaire des membres inférieurs — quadriceps, fessiers, mollets — est l’un des facteurs les mieux documentés dans la prévention des chutes. Elle conditionne la capacité à se lever, à monter des marches, à maintenir une allure de marche suffisante et surtout à rattraper un déséquilibre avant qu’il ne devienne une chute. La perte de masse musculaire liée à l’âge (sarcopénie) est progressive mais largement freinable par l’exercice régulier.

Objectif : se relever d’une chaise, monter des marches, marcher d’un bon pas, stabiliser le bassin et réagir efficacement à une perte d’équilibre.

Exemples d’exercices

  • Fessiers : abduction et extension de hanche en position debout ou allongée.
  • Quadriceps : demi-flexions contrôlées, levés de genou avec extension.
  • Mollets : élévations sur la pointe des pieds, maintien en équilibre.

Ce que ça change au quotidien
Se lever du canapé ou des toilettes sans s’aider des bras, porter des courses, marcher plus longtemps sans fatigue, monter un escalier sans s’essouffler.

Double tâche

La double tâche désigne la réalisation simultanée d’une tâche motrice — marcher — et d’une tâche cognitive — parler, compter, chercher ses clés. Ces situations sont omniprésentes dans la vie quotidienne. Avec l’âge, marcher mobilise une part croissante des ressources attentionnelles, laissant moins de disponibilité pour gérer une activité simultanée. C’est souvent dans ces moments que les chutes surviennent. La marche en double tâche est d’ailleurs l’un des tests d’évaluation du risque de chute recommandés par la HAS (2024).

Objectif : entraîner la capacité à marcher et penser ou agir en même temps, afin de réduire le risque de chute dans les situations de la vie courante.

Exemples d’exercices

  • Marche en portant un objet (plateau, balle) tout en répondant à des questions.
  • Marche avec calcul mental (compter de 3 en 3 à rebours) ou fluence verbale (nommer des animaux).
  • En séance Brain Ball® : le rebond de la balle en rythme constitue en lui-même une double tâche permanente — maintenir la synchronisation au métronome tout en gérant une consigne motrice (changer de main, passer à un partenaire, modifier la trajectoire). La difficulté est modulable à volonté.

Ce que ça change au quotidien
Traverser la rue en regardant la signalisation, répondre à son téléphone en marchant, porter un sac tout en cherchant ses clés, discuter en se déplaçant dans un couloir encombré.

Mémoire avec repères dans l’espace

L’orientation spatiale et la mémoire des repères permettent de coder mentalement un trajet, de se situer dans un environnement et de mémoriser des positions ou des étapes pendant le mouvement. Ces capacités sécurisent les déplacements en dehors du domicile — dans la rue, dans un magasin, dans un lieu inconnu — et contribuent à la confiance dans ses propres déplacements.

Objectif : coder un trajet, se repérer et s’orienter dans l’espace, rappeler des positions ou des étapes pendant le mouvement pour sécuriser les déplacements en environnement réel.

Exemples d’exercices

  • Trajets à étapes : observer un parcours de 4 à 6 repères, puis le reproduire à l’identique, puis en sens inverse.
  • Repères spatiaux numérotés ou colorés : au signal, rejoindre le repère demandé et rappeler le repère précédent avant d’enchaîner.
  • Séquences directionnelles : pas avant/arrière/latéraux selon une suite donnée, puis rejouer après un demi-tour pour recoder l’orientation.
  • En séance Brain Ball® : les exercices de passes en étoile ou en parcours imposent de mémoriser la position des partenaires, l’ordre des échanges et les consignes directionnelles tout en maintenant le rythme — une sollicitation combinée de la mémoire de travail et de l’orientation spatiale.

Ce que ça change au quotidien
Retrouver son chemin dans un supermarché, mémoriser l’emplacement de sa voiture, se déplacer sereinement dans un lieu peu familier.

© Sandrine PELLET

La double tâche : un facteur souvent sous-estimé dans la prévention des chutes

La double tâche désigne la réalisation simultanée d’une tâche motrice et d’une tâche cognitive : marcher en parlant, chercher ses clés en se déplaçant, traverser une rue tout en regardant un panneau. Ces situations de la vie quotidienne paraissent anodines, mais elles sollicitent fortement les ressources attentionnelles.

Or, la marche n’est pas un automatisme parfait chez la personne âgée. Elle mobilise une part croissante de l’attention, laissant moins de disponibilité pour gérer une tâche simultanée. C’est dans ces situations de double tâche que les chutes sont particulièrement fréquentes.

Ce constat est aujourd’hui bien établi dans la littérature scientifique, au point que la marche en double tâche (Dual Task test) figure parmi les outils d’évaluation du risque de chute recommandés par la HAS (2024). La HAS recommande également d’intégrer des exercices en situation de double tâche dans les programmes d’activité physique adaptée destinés aux personnes à risque intermédiaire et élevé.

L’entraînement de la double tâche peut prendre des formes variées et progressives : marcher en comptant à rebours, porter un plateau en se déplaçant, répondre à des consignes verbales pendant un parcours, ou encore gérer simultanément une tâche motrice et une tâche attentionnelle dans le cadre d’une activité rythmique. Brain Ball® intègre structurellement cette dimension : le rebond de la balle et la synchronisation au rythme externe constituent une double sollicitation permanente, modulable selon le niveau de la personne.

Comment Brain Ball® peut contribuer à la prévention des chutes ?

© Sandrine PELLET

Brain Ball® n’a pas vocation à remplacer un suivi médical ou une prise en charge rééducative lorsqu’elle est nécessaire. En revanche, la méthode mobilise simultanément plusieurs des capacités identifiées par la HAS comme cibles prioritaires dans la prévention des chutes : coordination, équilibre, attention, adaptation motrice, rythme, perception de l’espace et gestion de la double tâche.

La structure des séances Brain Ball® s’appuie sur un signal rythmique externe (métronome ou musique) auquel les participants se synchronisent. Cette synchronisation sensorimotrice active simultanément les voies auditives et motrices, sollicite l’attention et impose une adaptation continue. Le rebond de la balle ajoute une dimension de coordination visuomotrice et de régulation posturale.

Parmi les caractéristiques qui rendent la méthode adaptée à la prévention des chutes :

  • Progressive : les exercices sont gradués en difficulté, du plus simple au plus complexe, en intégrant progressivement des contraintes de double tâche, de changement de consigne ou de travail en groupe.
  • Adaptable : les séances peuvent être pratiquées assis ou debout, en individuel ou en groupe, avec ou sans appui, selon les capacités de chaque participant.
  • Ludique : le format d’atelier et le matériel (balles, sacs de jonglage) favorisent l’engagement et la régularité de la pratique — deux conditions essentielles pour que la prévention soit efficace dans la durée.
  • Multimodale : chaque séance sollicite conjointement le système auditif, le système visuel, la proprioception, les fonctions exécutives et la motricité — ce que la HAS identifie comme caractéristique des programmes d’APA les plus efficaces.

Les animateurs Brain Ball® certifiés sont formés à l’adaptation des exercices en fonction des capacités des participants et à la gestion des situations à risque. La méthode s’inscrit dans le cadre des activités physiques adaptées recommandées par la HAS pour les personnes à risque faible à intermédiaire de chute.

 

Prévention des chutes : les points essentiels à retenir

✔️ Une chute n’est jamais anodine — même sans blessure, elle doit être signalée à votre médecin.
✔️ La force musculaire des membres inférieurs joue un rôle majeur dans la prévention des chutes et dans le rattrapage du déséquilibre.
✔️ L’équilibre seul ne suffit pas : la coordination, la réactivité et l’adaptation motrice sont tout aussi importantes.
✔️ La vision, l’audition et le système vestibulaire participent directement à la stabilité posturale — leur entretien fait partie de la prévention.
✔️ La double tâche influence fortement le risque de chute : s’entraîner à marcher tout en réalisant une autre activité réduit ce risque.
✔️ L’activité physique régulière, combinant équilibre, renforcement musculaire et coordination, est l’intervention la mieux documentée pour prévenir les chutes (HAS 2024, OMS 2022).
✔️ Une approche globale et personnalisée — associant activité physique, sécurisation du domicile, révision des médicaments et suivi médical — est plus efficace qu’une action isolée.
✔️ La peur de tomber est un facteur de risque à part entière : ne pas renoncer à bouger est en soi un acte de prévention.

Quand consulter un professionnel de santé ?

La HAS (2024) recommande de consulter son médecin traitant dans les situations suivantes, afin d’évaluer le niveau de risque de chute et d’adapter la prise en charge :

  • Vous avez chuté au cours des 12 derniers mois, même sans blessure apparente.
  • Vous avez chuté plusieurs fois, ou l’une de vos chutes a nécessité une consultation ou une hospitalisation.
  • Vous ressentez une instabilité en vous levant ou en marchant.
  • Vous avez des vertiges, en particulier lors du passage assis à debout.
  • Vous avez peur de tomber et cela modifie vos déplacements ou vos activités.
  • Vous constatez une diminution rapide de votre force musculaire ou de votre mobilité.
  • Vous prenez plusieurs médicaments, en particulier des somnifères, des anxiolytiques ou des médicaments contre la tension.
Picto - A savoir représenté par une ampoule bleu et de la lumière orange<br />

Trois questions pour évaluer votre risque de chute

Votre médecin peut évaluer votre niveau de risque à partir de trois questions simples :

Êtes-vous tombé(e) au cours des 12 derniers mois ?
Vous sentez-vous instable en marchant ou en vous levant ?
Avez-vous peur de tomber ?

Si vous répondez oui à l’une d’elles, signalez-le lors de votre prochaine consultation.

 

Sources et références

 

Les données et recommandations présentées dans ce guide s’appuient sur les publications institutionnelles et scientifiques suivantes :

Prévention des chutes : nos articles de blog

Brain Ball® sélectionné aux Trophées Sport Santé 2026 en catégorie Prévention, organisés par Sport Santé Conseil

Brain Ball sélectionné aux Trophées Sport Santé 2026

Brain Ball figure parmi les candidats sélectionnés pour les Trophées Sport Santé 2026, organisés par Sport Santé Conseil. Remise des prix le 10 juin 2026 à Paris. Retour sur une sélection en catégorie Prévention, et sur ce qu’elle dit du positionnement de Brain Ball dans le champ de la santé publique.

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