Rééducation de la marche : les bienfaits du rythme !

Les troubles de la marche sont à tout âge le reflet d’un problème de santé. Perte de vitesse, de fluidité, manque de symétrie… Une marche mal assurée peut entraîner des déséquilibres, des chutes et donc des blessures. Comment le rythme peut-il être faciliter la rééducation de la marche ?

Les troubles de la marche sont à tout âge le reflet d’un problème de santé. Perte de vitesse, de fluidité, manque de symétrie… Une marche mal assurée peut entraîner des déséquilibres, des chutes et donc des blessures. Comment le rythme peut-il être faciliter la rééducation de la marche ?

 

Rythme et marche: une rééducation efficace

Chaque jour, un sujet sain fait en moyenne 10 000 pas, de manière automatique, sans s’en rendre compte. Il peut discuter en même temps, penser à autre chose, observer un joli paysage… Mais certaines pathologies ou encore le vieillissement, peuvent venir altérer la qualité de la marche. Les personnes victimes d’un AVC, de la maladie de Parkinson ou suivant certains traitements médicamenteux, connaissent en effet des troubles de l’équilibre et de la coordination qui rendent la marche difficile.

Pourtant, contrairement aux idées reçues, ces troubles ne sont pas une fatalité. De nombreux chercheurs et scientifiques dans le monde se penchent sur les meilleures méthodes de rééducation, dont fait partie intégrante le rythme.  La marche en rythme permettrait en effet de mobiliser un vaste réseau de connexions cérébrales pour progresser de manière efficace.

Maladie de Parkinson atténuée par le rythme

Selon l’association France Parkinson, 200 000 Français souffrent actuellement de cette maladie neurologique chronique qui entraîne une destruction progressive des « neurones à dopamine ». Tremblements, lenteur des mouvements et raideur des muscles, petit à petit, la marche des sujets atteints devient difficile.

En 1997, Michael Thaut, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en « Musique et sciences de la santé », avait mené la toute première étude sur les bienfaits du rythme sur la marche, auprès de 21 personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Chaque sujet de l’échantillon devait marcher une trentaine de mètres à sa vitesse maximale, avec ou sans stimulation sonore rythmée. Les résultats ont démontré que des sons réguliers permettaient d’augmenter la capacité du cerveau à optimiser les mouvements du corps. Non seulement les participants alignaient leurs mouvements sur le rythme entendu (synchronisation) mais ils effectuaient aussi des mouvements plus amples, plus aboutis et des enjambées plus longues, même une fois les séances de marche rythmique terminées.

 

Quand une personne atteinte de la maladie de Parkinson synchronise son pas avec un rythme adapté, elle apprend à remarcher naturellement.

Zoom sur le rythme, la marche et notre cerveau

Comment le rythme peut-il alors nous permettre de réapprendre à nous mouvoir ?

Grâce aux travaux des scientifiques, nous pouvons aujourd’hui mieux comprendre les liens entre les sons, la neurologie, le mouvement et notre santé. Le fait de bouger en rythme mobilise plusieurs aires cérébrales différentes. D’abord, les sons entendus font s’activer nos aires cérébrales motrices (les ganglions de la base et le cortex prémoteur en l’occurrence). Même lorsque le sujet reste immobile, le cerveau anticipe le mouvement. Il n’y a ensuite qu’un pas entre l’anticipation et la mise en mouvement : c’est ce procédé qui nous donne envie de bouger et de danser aux premières notes d’une chanson ou à l’écoute d’un morceau très rythmé.

Le couplage du son et du geste pousse également notre cerveau à créer des connexions nouvelles et à renforcer des aires cérébrales moins utilisées. On parle alors de « réseau compensatoire ». Après avoir régulièrement travaillé en rythme, les patients bénéficient d’une meilleure connectivité entre les régions auditives et les régions sensori-motrices. Plus intéressant encore, cette connectivité neuronale persiste dans le temps, grâce à la plasticité cérébrale ! Cette connectivité améliorée permet donc une meilleure rééducation de la marche.

 

La capacité de bouger au rythme de la musique fait appel à un réseau complexe de régions cérébrales: perception du rythme et des durées, planification et contrôle du mouvement, processus d’intégration…
Autant de mécanismes permettant de déclencher la mise en mouvement du corps suite à la perception d’un rythme.

 

L’utilisation de la méthode Brain Ball dans le cadre de la rééducation

La méthode de jonglage rythmique et musical Brain Ball est basée sur l’ensemble de ces connaissances scientifiques. De nombreux professionnels, formés à la méthode Brain Ball, utilisent la méthode pour accompagner leurs patients.

La méthode Brain Ball est parfaite pour mes patients opérés de la hanche. Le rythme accompagne la marche et la manipulation des balles détourne leur attention et leur permet de poser le pied sans appréhension… Super outil !

Frédérique K.

Ergothérapeute en Centre de rééducation, Formée à la méthode Brain Ball

En effet, l’association du son, du rythme, du geste, de la motivation et des émotions, facilite la mise en mouvement du corps. Elle mobilise de nombreuses aires cérébrales et peut donc participer pleinement à la rééducation de la marche chez les adultes et les enfants atteints de troubles moteurs.

Noémie C.

Rédactrice pour le Blog Brain Ball

En savoir plus

“Du rythme pour marcher à nouveau”, article de Simone DALLA BELLA et Barbara TILLMAN, Cerveau & Psycho n°63

“Marcher au rythme de différents tambours : Implications pratiques pour l’utilisation des rythmes acoustiques dans la rééducation de la marche” Melvyn Roerdink, Paulina J.M. Bank, C. (Lieke) E. Peper, Peter J. Beek,  Gait & Posture, avril 2011,
https://doi.org/10.1016/j.gaitpost.2011.03.001

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